France 5 – le doc Stupéfiant : « Le sexe du rire… et du sourire »

Pendant des siècles, le rire est resté une prérogative des hommes. Longtemps placé sous surveillance, le rire féminin est toléré dans les salons, à l’abri des regards… Une femme qui rit passe alors pour une effrontée, une folle, une hystérique. Le rire déforme, défigure, il est l’opposé de la beauté, de la séduction, de ce que l’on pense être la féminité. Ce sont les artistes comme Molière d’abord, Auguste Rodin, Yvette Guibert, plus tard Mae West, la troupe du Splendid ou Valérie Lemercier qui ont ouvert le rire aux femmes.

Le 10 décembre 2021, Le Doc Stupéfiant raconte la longue conquête du rire féminin.

Avec les plus grands spécialistes, des historiens comme Alexia Guggémos pour parler de La Danse de Jean-Bapriste Carpeaux, et des artistes (Anne Roumanoff, Nora Hamzawi, Laurent Baffie, Nelly Quemener, Xavier Mauduit, Sabine Melchior-Bonnet, Maud Amour…). Documentaire de 90 min • Un film de Julie Peyrard et Lise Thomas-Richard • Produit par Laurent Bon • Production éditoriale Julien Beau • Production Bangumi et France Télévisions.

Par quel processus le sourire est-il contagieux ?

Le mécanisme cérébral qui permet l’imitation quasi instantanée des expressions faciales de notre interlocuteur reste encore obscur. Ce processus, en grande partie inconscient, pourrait reposer sur les neuronnes miroirs. Cette catégorie de neurones moteurs nous permet en effet de « rentrer dans la peau de l’autre ». Très utiles dans les apprentissages, les neurones miroirs nous aideraient à regarder dans l’autre… comme dans un miroir. C’est pourquoi on les nomme les neurones de l’empathie.

Le sourire a t-il la même signification dans toutes les cultures ?

La façon dont le sourire est perçu diffère selon les cultures. Attention, donc ! En Norvège, sourire a un inconnu vous fera passer pour un fou. « On sourit partout mais pas pour les mêmes raisons », affirme David Le Breton, professeur de sociologie à l’université de Strasbourg et auteur du livre « Les Passions ordinaires. Anthropologie des émotions » (ed. Payot). « Au Japon, quand on annonce à quelqu’un qu’on a perdu un être cher, on le fait en souriant, pour lui signifier qu’il ne doit passe sentir impliqué dans notre peine. » Si un large sourire est pris comme un signe d’ouverture à l’autre aux États-Unis, en Russie il en est tout autrement. En Suisse, le sourire est preuve d’intégrité – un pays décidément très charmant -. Selon Kuba Krys, chercheur en psychologie sociale à l’université de Varsovie, le sourire est davantage valorisé dans les pays ouverts à la nouveauté. Il a réalisé une étude auprès d’un panel de personnes de 44 nationalités différentes qui ont du classer 8 visages, souriants ou non, du moins intelligent au plus intelligent. Résultat : En Allemagne, en Suisse et aux Philippines, ceux qui souriaient ont été jugés plus intelligents que les autres. Au Japon, en Inde, en Iran ou en Russie, ils ont été classés peu intelligents. Dans ces pays, le sourire est surtout perçu comme signe de fourberie et de corruption.

Depuis quand sourit-on sur les photos ?

C’est Kodak qui nous a donné le sourire ! Jusqu’en 1945, le visage était fermé sur les photos de groupe des lycéens, gage de sérieux. A partir de 1945, on sourit, dents blanches ! Pour démocratiser la photo, la firme américaine décide après-guerre de vendre de la joie à ses clients. Kodak les invite ainsi à « immortaliser leurs instants de bonheur ». Et, le « cheese » traversa l’Atlantique !

D’où vient l’expression « Souriez, vous êtes filmés » ?

« Smile, you’re on camera » est un dérivé du slogan de l’émission humoristique culte Candid Camera aux Etats-Unis. Créé en 1948, le programme de caméra cachée, grand succès d’audience jusque dans les années 1970, révélait aux participants qu’ils étaient victimes d’un canular. La phrase a fait le tour du monde et a été traduite dans bon nombre de langues : « Souriez, vous êtes filmés » !

Existe t-il des sourires négatifs ?

Certains sourires n’expriment ni la satisfaction, ni le plaisir. C’est le cas du sourire « amer », provoqué par des goûts ou des pensées désagréables. Il met en jeu les mêmes muscles que le sourire de plaisir à l’exception des zygomatiques. On parle également du sourire « de mépris » qui exprime un sentiment de supériorité et s’accompagne d’un mouvement volontaire de haussement du nez ou du sourire « de défi » où les canines sont mises en évidence.