Les artistes du Musée du sourire

Mrzyk & Moriceau

« Looping » (2004), c’est le travelling psychédélique des artistes Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau, une œuvre vidéo projetée en boucle dans le Musée du sourire. Le film d’animation en noir et blanc fait défiler sans ordre ni hiérarchie des sourires moqueurs ou grinçants, des doigts dans l’oreille, des sexes rebelles… Toutes les saynètes sont inspirées de…

Marcel Marceau

Souvent identifié à Marcel Marceau, le mime est en fait connu depuis plus de 25 siècles ! Le mot mime vient du grec « mimos » qui signifie « imitation ». C’est un genre théâtral, sans parole, dont les principaux moyens d’expression sont l’attitude, le geste et la mimique. Comédien du silence et travailleur de l’invisible, Marcel Marceau est un des fondateurs du mime moderne. Il aurait eu 100 ans en mars 2023. Le Musée du sourire lui rend hommage à travers cette photographie de Robert Cohen. L’acteur y exprime le sourire par un geste simple, universel. En avril, sortie de son autobiographie chez Actes Sud et rencontre au musée.

ORLAN SELF HYBRIDATION AU LAMBRET

ORLAN

Qu’est-ce que la beauté ? L’oeuvre Self-hybridation exposée au Musée du sourire rappelle le plateau labial porté par les femmes Mursi. Le regard est happé par un cercle comme synthèse permanente de formes sociales éphémères ; une dé-figuration révélatrice d’un schème esthétique. Depuis les années 1960, l’œuvre développé par ORLAN se nourrit des archétypes iconographiques puisés dans l’histoire de l’art, qu’ils soient génériques (comme Diane, Psyché, Europe) ou singuliers (comme La Joconde ). Ces hybridations ne résultent pas seulement de manipulations de l’image, elles sont aussi l’œuvre de chirurgiens esthétiques. La démarche profondément originale d’ORLAN a d’abord pris la forme de performances durant lesquelles l’artiste utilisait son propre corps de façon très simple – dans Le Baiser de l’artiste, en 1977, Après 1998, ORLAN s’est lancée dans l’exploration des canons de la beauté féminine tels qu’on peut les trouver dans d’autres civilisations ou à d’autres époques, mettant en lumière les carcans imposés par toutes ces sociétés. ORLAN.eu

Anthony Asael

Il a photographié près de 400 000 enfants dans 1650 écoles dans le monde, dans le cadre du programme Art in All of Us soutenu par l’UNICEF. L’un de ses clichés d’enfants souriants a été récompensé lors du Festival du sourire organisé par le musée en 2009, et présidé par Sabine Weiss, la photographe humaniste au regard tendre. La remise des prix s’est déroulée à la Maison Européenne de la Photographie. Les photographies d’Anthony Asael, artiste turco-italien, ont fait l’objet de plus de 80 expositions diffusant la joie et l’espoir de liens entre les générations futures. Le site de l’artiste Anthony Asael : anthonyasael.com/

Gilles Barbier

« Habiter le visage » (2017), c’est le titre du portrait dessiné de Gilles Barbier montrant un visage laminé par la fonte des songes. La femme âgée a les yeux souriants, les rides creusées par le ruissellement des années. « Mon rapport à l’histoire est fait de parcelles, de morceaux épars », explique Gilles Barbier, natif du Vanuatu, l’archipel aux quatre-vingt-trois îles en mer de Corail. Le Musée du sourire a acquis la gouache de Gilles Barbier, « Habiter le visage » (2017), en mai 2022 auprès de la galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois. C’est à Marseille, installé dans la ville phocéenne depuis 1992, que Gilles Barbier compose ses énoncés, alimente son « Terrier », fabrique des visages qui parlent. Pour l’artiste, manger une côte de bœuf ne permettra jamais de comprendre le bœuf, dans tous ses développements possibles. L’artiste fait appel à l’imagination de chacun, aux fantasmes qui viennent suppléer à la lecture. En 1993, cet artiste polyvalent réalise une première œuvre à la fois picturale et conceptuelle. Il prend pour modèle des pages du dictionnaire Larousse, qu’il reproduit à la main, à l’encre et à la gouache, sur des papiers de grand format. Son talent de dessinateur s’y révèle avec force. Vingt-cinq ans plus tard, les marges blanches ont été intégrées au dessin, et prennent la forme de maisons suspendues. De loin, ces baraquements s’apparentent à des sutures adhésives propres à accélérer la cicatrisation. Pour en savoir plus sur Gilles Barbier

Yue MinJun × KAWS

Yue MinJun × KAWS

À l’occasion de l’exposition Art For The Masses au Museum of Tomorrow de Taipei, le street-artist américain Kaws a collaboré avec l’artiste chinois Yue Minjun pour réaliser une variante de son Companion. 500 pièces ont été produites en 2008 et n’ont été vendues qu’au musée taïwanais.

Maurizio Cattelan

Vase, écharpe, coussin… Maurizio Cattelan et le photographe Pierpaolo Ferrari signent pour Seletti une collection capsule à la fois provocatrice, drôle, absurde, déviante… Les pièces sont ornées d’images tirées du magazine Toilet Paper, fondé en 2010 par les deux artistes italiens. Doigts coupés parfaitement manucurés, savon croqué, poisson farci de pierres précieuses, canari à l’aile coupée, bouche souriante dévoilant des chicots et mentionnat le mot SHIT… Les motifs oniriques et teintés d’humour noir de Toilet Paper empruntent à la mode, à la publicité, combinant photographie commerciale, récits visuels tordus et imagerie surréaliste. 

Louise Cops

Mettre en scène son chien n’est pas quelque chose de nouveau. On pense à Rosa Bonheur, William Wegman, entre autres. Avec humour, et beaucoup d’affection pour Nova, sa chienne, l’architecte, sculptrice et photographe Louise Cops a su créer un moment de folie en ce jour de confinement, en mars 2020. Dans cette coiffure hirsute, il y a toute la magie d’un moment transformé, toute la drôlerie d’une parenthèse de vie subie.

Florent Boisard

Art is the antidote » #251 de Florent Boisard est le premier NFT acquis par le Musée du sourire en novembre 2021: on y voit une bouteille dans laquelle est inclu un tableau, il s’agit d’une oeuvre à message… En 2020, pendant le confinement, le peintre a imaginé une série d’images reprenant un message positif au nom de l’art et des artistes. « Douceur là où le monde se fracture », explique l’écrivaine Marie-Line Baizamont. Connu pour ses aérographes colorés, ses lignes courbes et son approche gestuelle du dessin, Florent Boisard (né en 1973) choisit la plateforme OpenSea pour y jeter un millier de bouteilles pleines d’optimisme. Dans le flot des productions NFT, le Musée du sourire aura attrapé la bouteille aux couleurs de l’éther. instagram.com/florentboisard

Invader

Grâce à Invader, le surprise se propage partout dans le monde à travers ses mosaïques que le street artist français installe dans la rue dans les coins les plus improbables et difficiles d’accès, et en toute illégalité. Son portrait souriant du Dalaï-Lama, composé de 400 Rubik’s Cubes made in China (format 111cm x 111cm), résonne comme une icône du sourire, avec celle de sa Joconde. Un travail inauguré en 2005 avec la série des « good men » et des « bad men » comme le méchant JR dans la série américaine Dallas. Des icônes universelles inscrites dans l’inconscient collectif détournées par l’artiste. Acquise auprès de l’artiste, le tableau a fait partie de la collection du Musée du sourire, de 2010 à 2021.

Banksy

Vendredi 21 août 2015 au matin, dans la petite ville balnéaire endormie du Somerset, au sud-ouest de l’Angleterre, à une trentaine de kilomètres de Bristol, ouverture de Dismaland de Banksy (association du mot « dégoût » en anglais et de Disneyland), ce que le street artist anglais appelle son « Bemusement Park » (jeu de mot entre parc d’attractions et perplexité). Le Musée du sourire a acquis le catalogue de l’exposition historique faisant figurer un sourire ironique et rayonnant.