Toᴗt sourire

Quelle est la différence entre rire et sourire ?

Le sourire intervient dans un contexte de rencontre sociale entre deux individus : c’est la lente transformation d’une mimique de soumission craintive -dite « bouche ouverte, dents découvertes »- en expression de non hostilité. Le rire intervient dans un contexte de jeux : c’est la transformation de la mimique faussement agressive – dite « visage détendu, bouche ouverte » – en expression d’amusement. Avec le rire, la respiration devient saccadée, on émet des sons bruyants et des larmes font éventuellement leur apparition. La motricité du rire n’est plus volontaire à l’inverse du sourire qui s’exprime dan sle silence. le sourire est un langage universel non verbal.

« Le sourire est une fenêtre ouverte sur l’âme » La Vie

À lire dans le magazine « La Vie », du 10 au 16 décembre 2020, cet interview par le journaliste et photographe humaniste Mathieu Oui. En ces temps troubles et masqués, une prise de conscience collective s’opère enfin dans le bien fondé du sourire.  > Lire l’article en ligne www.lavie.fr

Par quel processus le sourire est-il contagieux ?

Le mécanisme cérébral qui permet l’imitation quasi instantanée des expressions faciales de notre interlocuteur reste encore obscur. Ce processus, en grande partie inconscient, pourrait reposer sur les neuronnes miroirs. Cette catégorie de neurones moteurs nous permet en effet de « rentrer dans la peau de l’autre ». Très utiles dans les apprentissages, les neurones miroirs nous aideraient à regarder dans l’autre… comme dans un miroir. C’est pourquoi on les nomme les neurones de l’empathie.

Le sourire a t-il la même signification dans toutes les cultures ?

La façon dont le sourire est perçu diffère selon les cultures. Attention, donc ! En Norvège, sourire a un inconnu vous fera passer pour un fou. « On sourit partout mais pas pour les mêmes raisons », affirme David Le Breton, professeur de sociologie à l’université de Strasbourg et auteur du livre « Les Passions ordinaires. Anthropologie des émotions » (ed. Payot). « Au Japon, quand on annonce à quelqu’un qu’on a perdu un être cher, on le fait en souriant, pour lui signifier qu’il ne doit passe sentir impliqué dans notre peine. » Si un large sourire est pris comme un signe d’ouverture à l’autre aux États-Unis, en Russie il en est tout autrement. En Suisse, le sourire est preuve d’intégrité – un pays décidément très charmant -. Selon Kuba Krys, chercheur en psychologie sociale à l’université de Varsovie, le sourire est davantage valorisé dans les pays ouverts à la nouveauté. Il a réalisé une étude auprès d’un panel de personnes de 44 nationalités différentes qui ont du classer 8 visages, souriants ou non, du moins intelligent au plus intelligent. Résultat : En Allemagne, en Suisse et aux Philippines, ceux qui souriaient ont été jugés plus intelligents que les autres. Au Japon, en Inde, en Iran ou en Russie, ils ont été classés peu intelligents. Dans ces pays, le sourire est surtout perçu comme signe de fourberie et de corruption.

Depuis quand sourit-on sur les photos ?

C’est Kodak qui nous a donné le sourire ! Jusqu’en 1945, le visage était fermé sur les photos de groupe des lycéens, gage de sérieux. A partir de 1945, on sourit, dents blanches ! Pour démocratiser la photo, la firme américaine décide après-guerre de vendre de la joie à ses clients. Kodak les invite ainsi à « immortaliser leurs instants de bonheur ». Et, le « cheese » traversa l’Atlantique !

D’où vient l’expression « Souriez, vous êtes filmés » ?

« Smile, you’re on camera » est un dérivé du slogan de l’émission humoristique culte Candid Camera aux Etats-Unis. Créé en 1948, le programme de caméra cachée, grand succès d’audience jusque dans les années 1970, révélait aux participants qu’ils étaient victimes d’un canular. La phrase a fait le tour du monde et a été traduite dans bon nombre de langues : « Souriez, vous êtes filmés » !

Existe t-il des sourires négatifs ?

Certains sourires n’expriment ni la satisfaction, ni le plaisir. C’est le cas du sourire « amer », provoqué par des goûts ou des pensées désagréables. Il met en jeu les mêmes muscles que le sourire de plaisir à l’exception des zygomatiques. On parle également du sourire « de mépris » qui exprime un sentiment de supériorité et s’accompagne d’un mouvement volontaire de haussement du nez ou du sourire « de défi » où les canines sont mises en évidence.

Le sourire est-il universel ?

Le sourire appartiendrait aux « universaux humains » ayant résisté aux influences culturelles, comme le rire ou les cris de douleur. On le considère comme inné et génétiquement déterminé puisqu’il apparaît chez des enfants sourds et aveugles de naissance.