Roman Cieslewicz

Une personnalité engagée, Roman Cieslewicz envisageait son rôle de graphiste en prise directe avec l’actualité. C’est ainsi une affiche de Mai 68 réalisée pour illustrer la couverture de la revue Opus qui a intégré la collection du Musée du sourire en mars 2018. Pas n’importe laquelle : « La Joconde », une larme de sang sur la joue en écho au mouvement contestataire en France… Artiste majeur de la scène graphique de la seconde moitié du XXe siècle, Roman Cieslewicz (1930–1996) est un acteur majeur de l’École de l’Affiche polonaise avant de conquérir le monde du graphisme au cours des premières années qui suivirent son arrivée en France.

Andres Serrano

Une oeuvre engagée contre la barbarie et l’intolérance. Révéler par l’image les processus humains qui fondent une réalité dont la valeur sociale justifie la critique, tel est le projet artistique du photographe américain Andres Serrano. Des portraits dans la tradition de la photographie humaniste qui prennent une force supplémentaire, celle de la simplicité et de la grandeur d’âme. Le sourire de La Diseuse de bonne aventure, Juana Rios Rios, dite « Juana de Cubana » (2012) illustre cette appétence pour la beauté d’un visage, la vérité d’une expression. « J’ai fait de Cuba mon studio », explique l’artiste. Un bel hommage à ses racines et à sa mère cubaine. Acquise auprès de la galerie Nathalie Obadia, la photographie fait partie de la Collection du Musée du sourire depuis 2016.

Sabine Weiss

« Saisir l’instant, exprimer l’émotion, attraper le geste ou l’ambiance de la chose vue… », tel a été le chemin de Sabine Weiss (née en 1924), dernière représentante de la photographie humaniste incarnée par Robert Doisneau. Elle a photographié avec bonheur les amoureux, les pauvres mais aussi les enfants, dans le Paris des années 1950… et dans le monde entier. Icone du XXe siècle, le portrait de La petite Egyptienne réalisé en 1983 lors d’un voyage au Caire avec Hugh Weiss a rejoint la Collection du Musée du sourire. « Cette petite vendait des poupées de chiffon. Elle est la joie de vivre », se souvient Sabine Weiss.

Hervé Télémaque

Un sourire Banania entre au Musée du Sourire par le biais d’une oeuvre graphique d’Hervé Télémaque, signée, datant de 1964, au format 25 cm x 25 cm, sur papier Velin de Rives (n°81). « Y’a bon » est la première lithographie du co-fondateur de la Fondation narrative. Elle répond à une commande du critique d’art Jean-Jacques Lévêque qui réunit cinq peintres dans un livre intitulé « Royal Garden Blues » : Hervé Télémaque, René Bertholo, Peter Klasen, Bernard Rancillac, et Jan Voss.

Pascale Moteki

Toute petite, elle rêvait d’être illustratrice… Pascale Moteki est née à Toulouse en 1973. Sa sœur Agnès lui a permis de réaliser ce rêve en fondant avec elle la marque Madame Mo pour laquelle Pascale imagine des personnages et raconte des histoires. En 2003, le Musée du sourire lui a demandé de réaliser une animation mettant en scène la rencontre de son héroïne avec Mona Lisa au Louvre… Contagieux, un sourire se partage…

Yacine Aït Kaci

Héros transmédia, Elyx est un petit personnage tracé au fil et inventé par l’artiste Yacine Ait Kaci en 2011. Un travail hybride mêlant photographie et dessin croqué sur le vif. Il y a du Keith Haring – avec son célèbre bébé rayonnant – dans ce petit bonhomme au trait stylisé et à la forme dynamique très expressive. L’artiste dessine Elyx sur un carnet de croquis, le faisant réagir à son environnement. Pour le Musée du sourire, Elyx a arpenté les rues de Lisbonne, tout sourire.

Nøne Futbol Club

Nøne Futbol Club est un duo d’artistes fondé en 2009 à Paris. Ils se sont fait connaître avec Work n°078 : Ram-raid, une performance filmée par des caméras de vidéosurveillance : à bord d’une voiture, ils défoncent la porte de leur atelier aux Beaux‑Arts de Paris. Depuis, ces anciens étudiants en graphisme associent l’objet, le mot et la réflexion sur la valeur de l’art pour dénoncer radicalement, avec humour, les enjeux sociopolitiques de ce champ. En 2014, ils réalise une série de dessins montrant des people tirés aux quatre épingles. Un regard ironique sur la chirurgie esthétique. Work n°77-mobile est une pièce unique dans la collection du musée.

Thomas Wattebled

Il a fait de l’art, sa discipline, et du sport, son domaine de contre-performance. Avec ironie, Thomas Wattebled (né en 1990) délivre ses télescopages visuels en champion du dessalage en art et autres échouages du langage. « Il faut jouer pour devenir sérieux », disait Aristote. A travers « Ball-Trap en famille » (2013), Thomas Wattebled place les visages souriants de la famille royale d’Angleterre dans des assiettes de ball-trap, fragiles et pop à la fois. Un shooting qui devait trouver tout naturellement sa place au sein du Musée du sourire.

Tiziana et Gianni Baldizzone

Il faut de l’altruisme et beaucoup de générosité d’âme pour parvenir à saisir l’instant où le sujet bascule, où la sensibilité s’exprime. C’est la raison pour laquelle les photographes italiens Tiziana et Gianni Baldizzone nous touchent tant. Des images belles, nourries par l’universel. A l’ère des selfies et du nomadisme, au-delà des individualités, Tiziana et Gianni Baldizzone visent l’authenticité. Pas d’effets picturaux ni de collages sophistiqués. « Seulement la lumière naturelle. Nous nous sommes mis au rythme des artisans. On n’a pas cherché le geste mais uniquement à entrer dans le vif de la relation humaine ». Un regard direct posé sur l’humain avec sagesse et humilité. De la poésie à l’état brut, comme dans ce masque du théâtre Nô entre les mains de l’artisan japonais où le sourire se grave dans l’air blanc.

John Hamon

Le sourire inconnu le plus connu de Paris, c’est celui de John Hamon. En 2017, le Musée du Sourire a intégré à sa collection l’une de ses affiches de propagande. Sourire en coin, lèvres brillantes, le regard espiègle et le cheveu tout ébouriffé… Depuis 2001, la figure amusée du garçon aux lunettes sourit aux Parisiens. En 1999, l’artiste a 19 ans lorsqu’il prend cette photo d’identité. Tout d’abord, une bouille affichée de façon anonyme, puis affublée d’un nom, John Hamon. Oui, c’est bien le sien. L’artiste français part en campagne. Ses affiches se retrouvent sur le mobilier urbain, à l’angle d’une rue, haut perché sur les murs… Créant la surprise, la nuit, à la sauvage, son visage est projeté sur des monuments de la capitale, La BNF, Les Invalides, La Tour Eiffel, Le Palais de Tokyo… Un slogan prémonitoire surgit : « C’est la promotion qui fait l’artiste ou le degré zéro de l’art ».