Grâce à Invader, le surprise se propage partout dans le monde à travers ses mosaïques que le street artist français installe dans la rue dans les coins les plus improbables et difficiles d’accès, et en toute illégalité. Son portrait souriant du Dalaï-Lama, composé de 400 Rubik’s Cubes made in China (format 111cm x 111cm), résonne comme une icône du sourire, avec celle de sa Joconde. Un travail inauguré en 2005 avec la série des « good men » et des « bad men » comme le méchant JR dans la série américaine Dallas. Des icônes universelles inscrites dans l’inconscient collectif détournées par l’artiste. Acquise auprès de l’artiste, le tableau a fait partie de la collection du Musée du sourire, de 2010 à 2021.

Invader a posé subrepticement près de 4 000 mosaïques-pixel dans des dizaines de villes, à travers 32 pays. En toute réjouissance, et surtout en toute illégalité, sur les murs, les façades, les ponts, au coin des rues ou des avenues, à Paris, New York, Londres, Tokyo, Bangkok, Mombasa, Katmandou ou encore Los Angeles… Ce leader du Street art « envahit » les plus grandes capitales avec ces petits et grands aliens colorés ou noir et blanc, suivant un plan d’occupation très méthodique, suivi pas à pas sur Internet. Ainsi, aujourd’hui, quelque quatre mille fans traquent ses interventions dans la seule ville de Paris où se cachent déjà des centaines de mosaïques. « Leurs photos se retrouvent sur Flickr. J’ai ainsi des nouvelles de mes petits. Mais mon programme d’invasion est loin d’être terminé ! », s’amuse l’artiste. Situés à des endroits névralgiques, ses « envahisseurs », véritables virus artistiques tout droit sortis du jeu vidéo culte des années 80, sont vus chaque jour par des millions de personnes. Agissant la nuit, le visage toujours masqué, Invader est un artiste recherché par toutes les polices urbaines au même titre que le Britannique Bansky, poursuivi pour ses pochoirs anti militaristes à Gaza, ou encore le colleur d’affiches américain Shepard Fairey, rendu célèbre avec le poster Hope à l’effigie de Barak Obama. Hacker dans l’art : une profession à risques ! Trouver la faille dans le système n’est pas sans danger. « Mon invasion la plus spectaculaire s’est produite en Californie en 2000, raconte Invader. Pour installer un space invader sur chacune des fameuses lettres Hollywood, j’ai du intervenir plusieurs fois et déjouer la surveillance par hélicoptère. » Invasion ou évasion ? « Ce travail est devenu une obsession, explique l’artiste. Dans ma poche, mon mètre ne me quitte jamais. J’ai pensé 10 000 fois arrêter, mais je ne l’ai jamais fait !… Le 800e à Paris a été posé, il pèse 40kg, je l’ai installé carreau par carreau, en 3 heures. Je suis en repérage permanent. Y compris lorsque je vais au cinéma. Un jour, après avoir vu un film de Claude Lelouch, je suis retourné envahir le lieu que j’avais repéré lors d’une scène… »

La plus grande mosaïque ? 8 m x 4 m, posée à Los Angeles. « J’ai transporté des dizaines de sacs de ciment. Je me suis fait aider par deux Mexicains, des professionnels ! Durée de la performance : toute la nuit. » La France se désespère de ne pas avoir assez d’artistes français à l’étranger… C’est ignorer qu’Invader est français ! Le mois dernier, cet ancien étudiant des Beaux-Arts de Paris et diplômé d’un master en hyper média qui vient de publier l’album des 500 premiers space invaders à Paris, a décidé d’installer sa base arrière à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Dans son atelier baptisé « L’unité centrale », il prépare ses prochaines expositions chez Jonathan LeVine, à New York, en juillet, et à la galerie Lazarides à Londres, en septembre. Un de ses deux assistants s’affaire à réaliser un des tableaux en Rubik cubes autre signature de l’artiste. L’œuvre est composée de 400 Rubik’s Cubs. On devine la couverture de l’album « Breakfast in America », l’une des dix pochettes de disque de la série « Top ten » en cours de réalisation. Des Sex Pistols à Supertramp, Invader donne vie aux icônes et a fondé le mouvement « RubikCubiste ». Ce travail a été inauguré en 2005 avec la série des « bad men », des membres de la bande à Bader au satanique JR, le sale type de la série Dallas. Puis sont venus les portraits des « gentils », comme celui du Daïla Lama, tout sourire. Des icônes universelles inscrites dans l’inconscient collectif.

Dans la « spaceshop » du site Internet www.space-invaders.com, régulièrement, Invader propose des kits d’invasion à poser chez soi. Inscrivez-vous à la newsletter et soyez rapide ! Les 150 œuvres numérotées signées s’arrachent en moins de 20 minutes. Egalement, des cartes d’invasion ville par ville, des catalogues, sérigraphies, stickers, t-shirts. Pour compléter la panoplie du parfait envahisseur, procurez-vous les baskets « R_invader» ; grâce à l’empreinte « 01 point » en relief sous la semelle, elles permettent à chacun de faire passer le buzz… juste en marchant !