Thomas Wattebled

Il a fait de l’art, sa discipline, et du sport, son domaine de contre-performance. Avec ironie, Thomas Wattebled (né en 1990) délivre ses télescopages visuels en champion du dessalage en art et autres échouages du langage. « Il faut jouer pour devenir sérieux », disait Aristote. A travers « Ball-Trap en famille » (2013), Thomas Wattebled place les visages souriants de la famille royale d’Angleterre dans des assiettes de ball-trap, fragiles et pop à la fois. Un shooting qui devait trouver tout naturellement sa place au sein du Musée du sourire.

Tiziana et Gianni Baldizzone

Il faut de l’altruisme et beaucoup de générosité d’âme pour parvenir à saisir l’instant où le sujet bascule, où la sensibilité s’exprime. C’est la raison pour laquelle les photographes italiens Tiziana et Gianni Baldizzone nous touchent tant. Des images belles, nourries par l’universel. A l’ère des selfies et du nomadisme, au-delà des individualités, Tiziana et Gianni Baldizzone visent l’authenticité. Pas d’effets picturaux ni de collages sophistiqués. « Seulement la lumière naturelle. Nous nous sommes mis au rythme des artisans. On n’a pas cherché le geste mais uniquement à entrer dans le vif de la relation humaine ». Un regard direct posé sur l’humain avec sagesse et humilité. De la poésie à l’état brut, comme dans ce masque du théâtre Nô entre les mains de l’artisan japonais où le sourire se grave dans l’air blanc.

John Hamon

Le sourire inconnu le plus connu de Paris, c’est celui de John Hamon. En 2017, le Musée du Sourire a intégré à sa collection l’une de ses affiches de propagande. Sourire en coin, lèvres brillantes, le regard espiègle et le cheveu tout ébouriffé… Depuis 2001, la figure amusée du garçon aux lunettes sourit aux Parisiens. En 1999, l’artiste a 19 ans lorsqu’il prend cette photo d’identité. Tout d’abord, une bouille affichée de façon anonyme, puis affublée d’un nom, John Hamon. Oui, c’est bien le sien. L’artiste français part en campagne. Ses affiches se retrouvent sur le mobilier urbain, à l’angle d’une rue, haut perché sur les murs… Créant la surprise, la nuit, à la sauvage, son visage est projeté sur des monuments de la capitale, La BNF, Les Invalides, La Tour Eiffel, Le Palais de Tokyo… Un slogan prémonitoire surgit : « C’est la promotion qui fait l’artiste ou le degré zéro de l’art ».

Monsieur Chat

Monsieur Chat est une création graphique de l’artiste franco-suisse Thoma Vuille, apparu en 1997 à Orléans. Il ravit les Parisiens dans le métro, sur les murs lacérés dans la rue… Son chat orangé arbore un sourire enjoué, aussi malicieux que le personnage du roman de Lewis Carroll, Le Chat du Cheshire, dans Alice aux Pays des Merveilles. Un sourire qui ne défaillit jamais malgré ses déboires parfois avec la justice. Dans sa version carton, il a intégré la Collection du Musée du sourire à l’occasion de la FIAC off 2016.

Christophe Weber

Le sourire de Julia est une création de Christophe Weber, artiste multimédia français. Rencontré en 2007, à l’occasion du Festival du sourire, Christophe Weber a réalisé un miroir à sourire tel un miroir de maquillage. Programmeur, photographe, il a su créer une machine à produire du sourire en aléatoire, une installation appelée « Lips me ». Le rouge sur les visages photographiés est produit par du code. Ces sourires informatiques sont particulièrement originale. Le Musée du sourire a acquis la planche de sourires de Julia auprès de l’artiste lui-même.

Agnès Winter

300 sourires projetés sur la façade du Rockfeller Center à New-York, c’est l’exploit de la photographe Agnès Winter en 2008. Agnès Winter a créé l’événement à New-York, en projetant sur la face nord du 30 Rockefeller Center, sur la Ve Avenue, les visages souriants des New-Yorkais. « Monument au sourire » est l’intervention la plus spectaculaire jamais accomplie sur le sujet », explique l’artiste à juste titre. Une façon de conjurer l’attentat du 11-Septembre en redonnant le sourire à New-York ! Agnès Winter a célébré les 60 ans de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (2009) en projetant une centaine de sourires de Parisiens sur la façade du Palais de Chaillot à Paris.

Joël Ducorroy

Peintre sans pinceau, Joël Ducorroy se définit lui-même comme un artiste « plaquetitien ». Dans un souci constant d’accessibilité, Joël Ducorroy (né en 1955) s’impose comme un humoriste néo-conceptuel qui joue avec le verbe. Son intérêt pour les plaques numérologiques est né de sa fascination pour les hiéroglyphes du Louvre. Il signe ici une nature morte, une photographie en noir et blanc, montrant la statuette d’une déesse, un livre de chevet (« L’Amateur de peinture »), et une plaque numérologique où sont gravés les mots « visage souriant ». Sans aucun doute, le sourire le plus abstrait de la collection du Musée du sourire. En 2007, Joël Ducorroy a décoré le « mur des urgences » de l’hôpital Necker à Paris. Une composition constituée de plaques d’immatriculation de différentes couleurs et de mots clés significatifs comme notamment le mot « sourire » écrit en lettres blanches sur fond rouge.

François Fontaine

Photographe globe-trotter, François Fontaine a rapporté de ses voyages en Asie du Sud Est et de la cité d’Angkor au Cambodge au début des années 2000, une série de sourires comme figés dans la jungle pour l’éternité. « Le bouddha d’Angkor » est l’une des plus belles images de ces sculptures abandonnées à la nature. Son talent : capter la fragilité de l’humain, qu’il soit vivant ou sculpté dans la pierre. François Fontaine a expos « Rêves de statues » et « Les christs de Salvador » en 2009 à la Maison Européenne de la Photographie à Paris. Né en 968, le photographe continue à se laisse guider par ses intuitions et ses émotions, à la manière d’un écrivain ou d’un cinéaste.

Claude Closky

La matière première de Claude Closky, ce sont les mots, les signes, les nombres qu’il ordonne et réorganise jusqu’à semer le trouble. Des jeux de pistes altérant les automatismes de nos systèmes de représentation, et un goût de l’accumulation et des classements rationalisés comme à travers ses « 1000 premiers nombres classés par ordre alphabétique ». Le sourire de l’absurde, le sourire d’un « Hihihi » graphique sur une feuille quadrillée a intégréle musée. Claude Closky a joué sur le décalage des petits carreaux. Son rire dessiné est une exception dans le musée, comme tout ce qu’il fait.

Mireille Loup

Photographe et vidéaste, Mireille Loup loge le sourire là où on ne l’attend pas ! A l’Ecole de la Photographie d’Arles, en 1994, Mireille Loup avait exploré le contre-sérieux. On la retrouve à travers une série d’auto-filmages sur Youtube. L’artiste se filme dans le rôle de plusieurs personnages caricaturaux. Elle y dénonce la bêtise haute en couleur. Une parodie du kitsch et une critique acerbe de la société. Née à Lausanne en 1969, Mireille Loup réjouit le monde de son regard acide et tendre.