Dans cette gouache intitulée « Habiter le visage », Gilles Barbier explore avec audace la métaphore du corps comme territoire habité. Dans cette gouache, l’artiste français poursuit sa réflexion caractéristique sur les transformations du corps et son rapport à l’espace. Le visage devient ici une architecture vivante, un lieu de résidence où se superposent les strates de l’identité et de la mémoire.
Connu pour son approche conceptuelle teintée d’humour et de gravité, l’artiste questionne les frontières entre l’intime et l’extérieur, entre l’enveloppe corporelle et ce qu’elle contient. La technique de la gouache, avec ses pigments opaques et ses couleurs denses, confère à l’œuvre une matérialité particulière qui renforce cette idée d’occupation physique. Le titre évoque une présence à soi paradoxale : habiter son propre visage suggère à la fois une familiarité profonde et une étrangeté fondamentale. Cette pièce s’inscrit dans la démarche plus large de Barbier qui, depuis les années 1990, interroge les mutations du corps à travers le temps, la maladie ou la science-fiction.
