Aubervilliers – atelier Poush, lumière rase sur les feuilles humides. Au centre, un portrait du footballeur Neymar Jr, sourire suspendu, presque douloureux. C’est autour de lui que s’organise la conversation. L’atelier de Louis Verret regorge de joueurs immobiles, surpris hors de l’action. « Le terrain, c’est un théâtre. Ceux qui n’ont pas le ballon jouent autre chose : l’attente, la peur, l’espoir ». L’artiste a cherché à décoller le sujet du cadre sportif. Les gestes renvoient à l’histoire de l’art, au pathos antique, à des récits plus vastes. Même la balle devient motif. « Le ballon embrassé, c’est l’Atlas moderne : un poids, une superstition, une charge », explique t-il.

Le portrait de Neymar Jr domine la pièce : teintes chaudes superposées, regard fuyant, sourire qui ne tient pas en place. « Chez lui, sourire et larmes se mélangent. Il y a un moment où il rate, il sourit… on ne sait pas si c’est du dépit ou de la folie. C’est presque le Joker », confie Louis Verret. Il a longtemps suivi le Brésilien comme supporter du PSG.

Formé à Central Saint Martins à Londres, Louis Verret s’est intéressé à la performance, la vidéo, la peinture à l’huile… « Rien à voir avec maintenant ». Ses carnets de voyage scellent la transition vers l’image-texte et l’aquarelle. L’atelier d’Aubervilliers marque un tournant matériel. « Je veux aller vers du très grand. Le foot s’y prête, l’émotion aussi ». Les projets attendent simplement l’espace pour se déployer. L’artriste est représenté par la galerie Julie Carreda à Paris. Le portrait de Neymar par Louis Verret a rejoint la collection du Musée du sourire en novembre 2025.

> https://louis-verret.com

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