
Christian Boltanski met en scène le sourire dans sa plus grande fragilité.
Réalisée en 1989, "Monument à Odessa" est une installation solennelle particulièrement émouvante. Sur des boites de biscuits rouillées, Christian Boltanski a collé les visages souriants en noir et blanc d'enfants juifs déportés. Des photos d'identité qui trouvent ici une expression tragique. "Monument Odessa", ce sont 17 photographies encadrées de noir et de petites ampoules électriques. Les portraits de différents formats sont disposés de manière symétrique de part et d'autre d'une grande image sur le plan du mur. A l'exception de cette image centrale, elles sont cadrées de très près pour ne donner à voir que les visages. Tous ces clichés agrandis sont flous. Les regards sont presque toujours noyés d'ombre. Ils ne disent rien des individus et leur identité nous restera inconnue. « Le problème n'est pas de créer une oeuvre d'art mais de savoir comment elle fonctionne. Ce n'est pas de faire des oeuvres belles, mais des oeuvres qui, dans un certain moment, font comprendre des choses aux gens », Christian Boltanski.
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